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Fondation Cypihot-Ouellette

Présenté à l'Assemblée Générale du 8 juillet 2005
par Françoise Madray-Lesigne, Présidente,
et Richard Lavigne, Directeur Exécutif
En juin 2001 prenait naissance au Maroc l'Union Francophone des Aveugles, dans le cadre somptueux de l'Hôtel Royal Mansour de Casablanca, mis gracieusement à sa disposition par la générosité de Sa Majesté le roi Mohammed VI et de la Princesse Lalla Lamia, Présidente de l'OAPAM. Dans des conditions de travail particulièrement agréables, les délégués de 35 associations issues de 20 pays francophones ont, 2 jours durant, élaboré les statuts, élu la Présidente et le premier Comité Exécutif de l'UFA, discuté et voté un programme d'action pour 4 ans, modeste mais réaliste, étant donné les faibles ressources financières qui sont les nôtres.
Il s'était donné 3 objectifs :
Le rapport qui va suivre se divisera en 2 parties. Une première partie présentée par le Directeur Exécutif exposera la mise en place des structures et la recherche des moyens, la seconde partie présentée par la Présidente sera consacrée à la réalisation du plan d'actions.
Rappelons d'abord que le Comité Exécutif de l'UFA se compose statutairement de 7 membres répartis par région auxquels s'ajoutent la Présidente et le Directeur Exécutif. La liste de ses membres est annexée à ce rapport. Malgré l'évolution d'une longue maladie, Denis Régnaud qui fut le principal artisan de l'Assemblée Constitutive, a occupé le poste de Directeur Exécutif, avec une remarquable efficacité et beaucoup de courage jusqu'en avril 2003. Lorsqu'il s'est vu contraint de se chercher un successeur, il a fait appel à Richard Lavigne, lui aussi très impliqué dans la création de notre Association puisqu'il présidait le Comité d'organisation provisoire. Tous nos vœux de meilleure santé vont à Denis Régnaud, et tous nos remerciements vont à nos deux Directeurs Exécutifs et nous adressons à Denis Régnaud tous nos vœux de meilleure santé.
Le Comité Exécutif se réunit 2 fois par an et, pour des raisons d'économie, une de ces réunions s'effectue sous forme de conférence téléphonique. Nous nous sommes donc rencontrés 5 fois sur 9 : à Casablanca et à Rabat en 2001, à Montréal en 2002, à Paris en 2003 et à Tunis en 2004. Que toutes les associations qui, par leur aide matérielle, ont rendu possibles ces réunions trouvent ici l'expression de notre très vive reconnaissance.
Notre première tâche a été l'élaboration du règlement intérieur de l'UFA. Nous nous sommes ensuite attachés aux points suivants :
Sur le plan international, toutes nos activités ont eu pour but de faire connaître et reconnaître notre organisation et l'on peut dire que, dans ce domaine, nos efforts ont été couronnés de succès. La Présidente s'y est particulièrement attachée. Lors de ses déplacements à l'occasion notamment des Comités Exécutifs, elle a rencontré de hautes personnalités camerounaises, canadiennes, mauriciennes, marocaines, tunisiennes... Elle a pris la parole, au nom de l'UFA, dans plusieurs congrès ou conférences internationales : Conférence sur l'Emploi organisée à Paris en juillet 2003 par l'Union Européenne des Aveugles. Intervention en séance inaugurale au 3ème Forum Social Africain pour le Développement (Johannesburg (mai 2004) et à la 5ème Assemblée Générale de l'Union Africaine des Aveugles ; participation au 3ème Forum des Femmes Aveugles et intervention à la 6ème Assemblée Générale de l'Union Mondiale des Aveugles (Le Cap, 1er au 13 décembre 2004).
Ce dernier événement a consacré la reconnaissance internationale de l'UFA, admise, au cours de l'Assemblée, au statut de Membre International de l'Union Mondiale des Aveugles.
Parallèlement, les démarches entreprises auprès de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie ont abouti, en avril 2005 à l'accréditation de l'UFA auprès de cette prestigieuse instance. Signalons enfin que l'Union Francophone des Aveugles a appuyé la tenue, à Montréal en 2008, sous la responsabilité de l'INLB et de partenaires universitaires québécois, du prochain congrès international Vision qui, tous les 4 ans, organise une rencontre sur la basse vision avec des chercheurs et intervenants venus du monde entier.
Premier résultat tangible de cette reconnaissance internationale, les aveugles des pays francophones font mieux entendre leur point de vue au niveau des diverses instances dont ils font partie. Ils peuvent plus facilement s'exprimer dans leur langue, dans des réunions où jusqu'ici l'anglais régnait sans partage et ils sont mieux écoutés. Il reste à souhaiter que cette incontestable notoriété nous aide à obtenir les ressources financières dont nous avons besoin et qui nous font toujours cruellement défaut.
Pour trouver de l'argent, les Directeurs Exécutifs successifs et la Présidente ont multiplié démarches et constitution de dossiers, le plus souvent en vain, force est bien d'en prendre acte. Seule exception notable, l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie nous apporte, depuis l'origine, une aide substantielle et renouvelée. Aussi tenons-nous à lui exprimer publiquement notre extrême gratitude pour son soutien bienveillant. Il convient de citer également l'Ambassade de France au Cameroun, qui prend une part active à nos actions de partenariat. Quant aux autres organismes ou mécénats sollicités, ils ne nous ont, jusqu'ici donné que des promesses... Rien n'est venu renforcer l'aide que nous apportent fidèlement, depuis 4 ans, certaines de nos associations fondatrices : au Canada, l'Institut Nazareth et Louis-Braille (INLB), l'Institut National Canadien pour les Aveugles (INCA), le Regroupement des Aveugles et Amblyopes du Québec (RAAQ); en France : l'Association Valentin Haüy (AVH), la Fédération des Aveugles de France (FAF), l'Institut National des Jeunes Aveugles (INJA), Voir Ensemble ; au Maroc : l'OAPAM qui a pris à sa charge jusqu'en 2004, le paiement des cotisations des organisations africaines présentes à l'Assemblée Constitutive. Il faut y ajouter les aides en nature (frais de séjour) que nous ont apportées ponctuellement la FISAF (France), l'OAPAM (Maroc), l'UNAT (Tunisie) et les organisations canadiennes. Mentionnons pour finir l'aide permanente offerte par l'AVH (France) et l'INLB (Canada) en termes de locaux et de secrétariat. Bref, sans les efforts importants de quelques-unes de nos organisations membres, nous n'existerions pas.
Nous procurer une meilleure assise financière doit donc être priorité majeure, si nous voulons donner à l'Union Francophone des Aveugles des bases solides. Il faudra tenir compte de la modicité de nos ressources lorsque nous élaborerons notre futur programme d'action pour les 4 ans à venir.
Le nombre d'associations membres est en augmentation régulière (52 à ce jour) et presque toutes sont à jour de leur cotisation. 2 pays supplémentaires (Congo Brazzaville et Congo Kinshasa) nous ont ainsi rejoints et des contacts sont en cours avec des associations d'aveugles du Liban et du Rwanda. Toutefois un travail de prospection reste à faire pour que tous les pays francophones dans lesquels existent des associations de non-voyants connaissent notre existence et puissent venir renforcer notre Union.
La question de l'accès à l'information en matière de livres adaptés constitue un des enjeux majeurs de l'accès à la culture pour les personnes déficientes visuelles. Aussi le Comité Exécutif s'est-il donné pour but de réaliser un répertoire des ressources de production et de diffusion du livre adapté braille et sonores (RDR). Cette tâche a été confiée à Paul-Henri Buteau (Canada). Nous avons le plaisir de vous annoncer que ce répertoire, au bout de 2 ans de travail, vient d'être mis en ligne sur le site Internet de l'UFA. Le RDR a été conçu comme un outil de consultation simple, concis, rapide et ouvert.
Le répertoire que nous venons d'élaborer se présente donc comme une porte d'entrée dans le vaste domaine de l'accès à l'information francophone sur l'édition adaptée pour les personnes déficientes visuelles. Il s'adresse à la fois aux professionnels œuvrant dans ce domaine et aux usagers des diverses imprimeries et bibliothèques francophones braille et sonores. Ces derniers peuvent en effet aisément prendre contact auprès de l'organisation qui les intéresse. Nous venons donc de produire une source d'information modeste mais pensons-nous très utile qui n'a nullement pour ambition de se substituer aux divers outils existants mais qui se propose seulement de faciliter la consultation d'une information de base.
Il s'agit là d'un second enjeu majeur. Le suivi du dossier a été confié à André Vincent (Canada). En juin 2001, en marge de notre Assemblée Constitutive, des représentants d'Afrique, de Belgique, de France, de Suisse et du Québec signaient un accord de coopération en vue de l'uniformisation du braille français. En vertu de cet accord, trois grandes priorités doivent être considérées : l'uniformatisation des symboles de base, le braille informatique et l'abrégé. Responsables du projet et experts ont travaillé jusqu'ici sur le premier point par échanges sur listes Internet dédiées et au cours de deux réunions (Montréal - octobre 2002, Paris - novembre 2003). Ils ont réalisé une vaste consultation à travers la francophonie selon des modalités spécifiques à chaque pays. Un large consensus s'est finalement dégagé sauf en ce qui concerne la représentation des chiffres encore en débat. L'UFA, pour sa part, s'est efforcée pendant toute cette période de promouvoir une attitude consensuelle sur l'ensemble des problèmes posés tout en regrettant vivement que, pour des raisons diverses, notamment financières, aucun représentant de l'Afrique n'ait pu participer aux réunions de travail. Cette absence est d'autant plus dommageable que c'est en Afrique que se trouve le plus grand nombre potentiel de lecteurs francophones de braille. Sans s'ingérer dans les travaux en cours et sans vouloir se substituer aux autorités responsables de ce dossier, l'UFA a utilisé son statut d'instance internationale pour tenter d'obtenir le financement nécessaire à la pérennité de travaux si bien amorcés. Elle a par ailleurs décidé, en octobre 2004, de prendre en charge les frais de déplacement et de séjour d'un expert africain désigné par l'Union Africaine des Aveugles. Nous espérons qu'ainsi la voix de l'Afrique pourra mieux se faire entendre dans les débats.
C'est avec fierté que le Comité Exécutif est en mesure d'annoncer à l'Assemblée que non seulement le programme d'actions a été réalisé à 100 % mais qu'il a même été dépassé grâce aux actions de partenariat que nous avons pu développer en ce qui concerne les imprimeries braille. La Présidente a coordonné la réalisation de cette partie du programme.
Suivant les recommandations de notre première Assemblée Générale, nous avons privilégié dans nos choix le plus grand nombre possible de pays : 19 écoles situées dans 17 pays différents ont reçu pendant 2 ans du matériel pédagogique de base, choisi en accord avec les demandes des responsables de ces écoles. Voici la liste des pays bénéficiaires : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo Brazzaville, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Haïti, Île Maurice, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, Tchad, Togo, Tunisie. Pour sélectionner les écoles, Françoise Madray-Lesigne (France), Dali Gogo (Côte d'Ivoire) et Imad Eddine Chaker (Tunisie) ont élaboré un questionnaire approfondi. Une commission comprenant Françoise Madray-Lesigne, Denis Régnaud, puis Richard Lavigne, Imad Eddine Chaker et Mohammed Doukkali ont procédé au choix des écoles retenues en appliquant strictement un barème quantifié des divers critères proposés par le questionnaire. Les résultats que nous vous présentons sont donc les fruits d'un travail d'équipe long, minutieux et rigoureux. Nous nous sommes heurtés toutefois à deux types de difficultés : les candidatures d'écoles, nombreuses en 2002, ont été beaucoup plus rares en 2004. Il est évident que la cause n'est pas à chercher dans l'absence de besoin en matériel pédagogique. Peut-être provient-elle de la lourdeur du questionnaire à remplir pour les écoles candidates. Sans doute est-il souhaitable que toutes les associations membres des pays émergents expliquent aux directeurs d'école concernés que cette procédure est le prix à payer pour éviter les choix arbitraires ou discutables. Le second obstacle est sans doute plus difficile à surmonter. Dans certains pays, le matériel pédagogique expédié à été longuement retenu en douane, malgré les documents certifiant qu'il s'agissait d'un don. Quelques associations ont dû payer des droits de douane plus ou moins élevés pour pouvoir retirer le matériel et les tractations ont parfois duré 6 à 7 mois. Pour éviter cet écueil, l'UFA se propose de discuter avec les Ambassades de France concernées des possibilités de mise en place d'une procédure qui permettrait aux Ambassades de recevoir le matériel, pour le remettre ensuite aux destinataires.
Les partenariats que nous avons pu établir par l'intermédiaire de la Fondation Force nous ont permis de créer ou de développer non pas 2 mais 3 imprimeries braille informatisées régionales, respectivement au Maroc, en Tunisie et au Cameroun. Dans cette opération, le rôle de l'UFA s'est limité à prendre en charge 50 % des frais d'équipement et de formation liés à ces programmes. La Fondation Force, quant à elle, par l'intermédiaire de Dick Tucker, a procédé à l'étude de faisabilité des projets et à leur suivi en faisant appel pour la formation à la Fondation Regard de Montéclair (France) et pour la modernisation de l'imprimerie camerounaise déjà existante à Christopher Blind Union (CBM) qui a construit le bâtiment nécessaire à cet aménagement. Il convient de noter enfin la coopération de l'OAPAM au Maroc et de l'UNAT en Tunisie qui ont aménagé les locaux nécessaires. L'ensemble de ces efforts a déjà produit des résultats spectaculaires : ce sont des mal ou non-voyants qui travaillent à la réalisation de livres braille informatisés dans les 3 pays concernés et la production de livres en braille prend son envol. L'imprimerie tunisienne, par exemple, a produit en 6 mois 400.000 pages braille correspondant à des ouvrages en français, en arabe ou en anglais. La Présidente a eu le plaisir de participer aux inaugurations des 3 imprimeries ce qui lui a permis de mesurer l'impact considérable de cette initiative dans chacun des pays concernés. La présence de plusieurs ministres et hauts responsables lors des inaugurations, la couverture médiatique de l'événement sont autant de signes tangibles de l'image positive des personnes aveugles et non-voyantes attachée à ce type d'opération. La production sur place de livres et de documents braille représente non seulement une ouverture immense à la culture pour beaucoup de personnes non-voyantes, laissées jusque-là sur le bord de la route, mais elle devrait aussi être le point de départ d'une meilleure insertion sociale et professionnelle. Plusieurs problèmes cependant restent en suspens et devront faire l'objet de toute notre attention dans les années qui viennent : l'organisation d'une maintenance efficace du matériel et le suivi de la formation des équipes d'imprimeurs. Il semble nécessaire de dégager un budget permettant de répondre à ce double objectif.
Voici, dessiné à grands traits, le bilan de notre action pendant ces 4 années. Il est, répétons-le, modeste mais prometteur. L'équipe dirigeante a appris à travailler ensemble et nos différences culturelles, parfois sources de difficultés ou d'incompréhensions dans les premiers mois, se sont très vite révélées une merveilleuse richesse, source d'une synergie motivante. Pourquoi le taire ? Les membres du Comité Exécutif ont éprouvé un très grand plaisir à élaborer conjointement les bases de l'Union Francophone des Aveugles et à mettre en œuvre le programme d'action qu'elle s'était fixé. Sachons préserver cette richesse et la faire fructifier.
Dernière mise à jour de cette page : 28 août 2007
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